Nouvelle vie

Poètes belges

A Aura

le 16/04/2007 à 01h33
Ma soeur pour l'éternité

Nul insensible ne verra
l'oiseau mort au creux de ta paume,
ni dans tes yeux le faon mort,
mais moi, je sais que ta pensée
est pure et se mire à la source,
qu'en ce mobile paysage
tu n'es qu'ici de passage
et que le ciel de tes regards
fait les étoiles rapprochées.

Géo Libbrecht

La rose bleue

le 28/03/2007 à 00h22

La rose bleue


 


Le jardinier aux mains d’amour dans la banlieue


Cherche au détour de mille sèves mélangées


De mûrir le poème d’une rose bleue


Lentement, à coup de caresse et de rosée.


Il dédie à sa fleur l’insaisissable azur


Par des saphirs de fiançailles végétales


Et cherche le myosotis pour mettre sur


La bleue impossibilité d’autres pétales.


Il triture l’améthyste avec l’arc-en-ciel


Et rythme les baisers verts de la chlorophylle


Puis monte sans l’atteindre à l’indigo véniel


A travers des péchés de pollen et d’argile.


Sans fin il soupèse des bourgeons de couleurs


Selon la chair et les mots que les femmes aiment.


Poète, jardinier de la sève des cœurs,


Pour leur offrir la rose bleue de son poème.


 


Poème extrait de  «  La Foudre Natale »


De Robert Goffin

La graine

le 06/02/2007 à 10h09

La graine


 


La graine se souvient de son mystère ;


Dans la main paysanne elle n’avait


Jamais pesé plus qu’un lointain secret


Fait de sommeil et de vaine poussière.


 


Mais voici s’élargir une blessure :


Tout le poids de la terre la saisit


Et l’ombre qui la berce dans l’oubli


Répand une chaleur à sa mesure.


 


Alors la graine prend son envol et monte


Ainsi qu’un lent insecte végétal ;


Et l’homme qui connaît le cœur du monde


Entend passer ce souffle nuptial.


 


Ah ! ne crains pas que pourrisse la graine


Elle a pour elle sa vertu d’épi ;


Ecoute bien cette mémoire souterraine


Où germe un souvenir que tu croyais sans prix.


 


Edmond Vandercammen


Eloge du pain

le 16/01/2007 à 01h17
.

Je n'ose pas chanter le pain,
Le clair et beau pain de froment.
Il n'est pas de mots assez francs,
Il n'est pas de mots assez sains.
Je n'ose pas chanter le pain,
Le pain du corps, le pain de l'âme,
Le pain toujours miraculeux,
Qu'il faut manger, les yeux en larmes,
En bénissant la Terre et Dieu.

Armand Bernier

.

©2006 - Bloxode.com est un service gratuit de Lexode.com - Prévenir d'un abus - Conditions d'utilisation